top of page

Maternité et légitimité : pourquoi se sent-on illégitime à devenir parent ?

Dernière mise à jour : 1 févr.



Devenir parent est une étape majeure de la vie, souvent accompagnée de nombreuses questions et doutes. Parmi eux, un sentiment récurrent que beaucoup de femmes ressentent : la peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas mériter cette place de mère. Pourquoi avons-nous tant besoin de nous sentir "prêtes" avant de sauter le pas ? Et surtout, d'où vient cette idée qu'il faudrait cocher toutes les cases avant d'oser se lancer dans la parentalité ?


La légitimité en question


Avant de devenir mère, j'ai longtemps douté de mes capacités. Je me demandais si j'allais être une "bonne mère", si j'avais les compétences nécessaires, si j'allais réussir à répondre aux besoins d'un enfant. Pendant des années, j'ai dit que je ne voulais pas d'enfant, mais en réalité, c'était surtout parce que je me sentais incapable d'assumer ce rôle.


" Comme si la parentalité était une fonction que l'on devait "mériter", validée par un diplôme invisible "

Or, il n'existe aucun examen d'entrée pour devenir parent. Aucun titre officiel ne nous est décerné pour prouver notre compétence. Il n'y a que nous, nos valeurs, notre histoire, nos doutes et notre amour.


Un modèle construit par la société


Ce besoin de validation avant d'avoir un enfant est en partie ancré dans nos sociétés occidentales. En France, la maternité a longtemps été une "affaire d'État". Dès le début du XXe siècle, la politique nataliste encourageait les femmes à avoir des enfants pour soutenir la nation.


Ajoutons à cela la médicalisation de la grossesse qui, si elle a permis d'augmenter drastiquement le taux de survie des mères et des bébés, a aussi renforcé une vision normée de la maternité. Dès lors, une "bonne mère" est celle qui suit les recommandations à la lettre, qui sait parfaitement ce qu'elle fait, qui est douce, aimante, patiente et toujours épanouie.


C'est un modèle qui persiste encore aujourd'hui, à travers des injonctions modernes comme la "maternité intensive" ou la "mère néolibérale" :


  • être toujours disponible pour ses enfants, tout en ayant une carrière réussie,

  • gérer la charge mentale du foyer, sans faillir,

  • et bien sûr, rester parfaitement épanouie.


La parentalité : une compétence qui se construit


En réalité, personne n'est "prêt" à 100% avant de devenir parent. Et heureusement ! Comme pour toute grande étape de la vie, c'est en faisant qu'on apprend. La parentalité est une compétence qui se construit avec l'expérience, les échecs, les doutes et surtout, avec beaucoup d'amour.


Personnellement, c'est à la naissance de mon fils que j'ai compris cela. Mon énergie était focalisée sur un seul objectif : prendre soin de lui et de moi. Et cette transformation m'a aussi apporté une sérénité que je ne soupçonnais pas : pour la première fois, je me suis sentie légitime.



Alors, si toi aussi tu doutes, sache une chose : on ne devient pas parent en cochant des cases. On le devient en étant présent, en apprenant jour après jour, et surtout, en acceptant de ne pas être parfait.



bottom of page